subscribe
Escalade à Montréal
Glacier

Ascension Mont Rainier 2011

Rainier loin

Mon frère et moi avons fait une petite expédition sur un stratovolcan de l’ouest américain, le mont Rainier! C’est un volcan encore actif qui culmine à 4 392 mètres dont le dénivelé entre le stationnement et le sommet est de 3 000 mètres, semblable au dénivelé qu’on retrouve entre le camp de base de l’Everest et son sommet. Il est situé près de Seattle dans l’état de Washington aux États-Unis. 26 glaciers importants reposent sur la montagne ce qui fait de cette dernière la région où la concentration en glacier est la plus importante en dehors de l’Alaska en Amérique du nord. Le but de l’expédition était non seulement

de tenter d’atteindre le sommet mais aussi d’acquérir une expérience en expédition sur glacier, chose qu’il nous est impossible de pratiquer dans l’est américain. La navigation parmi les champs de crevasses et la mécanique d’un sauvetage en cas de chute en crevasse sont des choses importantes à maîtriser pour toute personne désirant aller en haute montagne. En plus de tout cela, le Mont Rainier allait être notre premier 4 000 mètres et représentait donc notre premier rendez-vous avec le Mal Aigu des Montagne (MAM), phénomène qui touche presque toutes les personnes lorsqu’elles s’aventurent en altitude. Les statistiques ne sont pas très favorables non plus, seuls 50% des tentatives de sommet se soldent par des succès sur cette montagne et le taux de réussite est le plus élevé en été (juillet et aout)!

Formation utile: sortie de crevasses

Avant de quitter pour l’aventure, nous avons pris soins de suivre une journée complète de cours sur les sorties de crevasse au cas où cette situation se présenterait sur le terrain. Il faut noter que puisque c’est la fin de l’hiver sur la montagne, le risque de chute en crevasse en soi est assez élevé car certaines crevasses sont encore recouvertes d’une couche de neige qui peut facilement s’effondrer sous notre poids en raison de l’arrivée du printemps qui amincit ce qu’on nomme les ponts de neige.

Crevasse1N’ayez crainte, bien que le risque de chute soit élevé, la chute en tant que telle ne représente aucun danger puisque l’équipe est encordée. Le grimpeur qui chute ne peut tomber de plus de 5-7 mètres. Cependant, il est extrêmement important pour chaque membre de la cordée de savoir quoi faire dans cette situation : comment remonter sur la corde seul, comment hisser un partenaire avec un système de poulie, comment se débarrasser de son gros sac sans que celui-ci tombe dans l’abîme, etc.

La température en haute montagne et particulièrement à ce temps-ci de l’année est vraiment quelque chose d’imprévisible. Nous avions seulement été capable de nous libérer pendant 6 jours ce qui nous donnait une marge de 4 jours sur la montagne ce qui était pas mal limite en cas de mauvais temps considérant que l’ascension prend généralement 2-3 jours en hiver.

19 mai 2011 : 1600h – Burlington airport

Nous avions choisi de décoller de Burlington au Vermont en raison du coût du billet qui est 300$ de moins par personne. Par contre, nos souçis commencent dès l’arrivée à l’aéroport…Chanceux comme nous commes, nous tombons sur une préposée du US Airways assez zelée qui nous confisque tous nos réchauds ainsi que nos bonbonnes de combustible (qui étaient vides afin qu’on les remplissent à Seattle)…Les réachauds et ces bonbonnes sont la seule chose qui nous permettent de faire fondre de la neige pour obtenir de l’eau! Le problème c’était qu’on commençait à grimper la montagne de nuit pour sauver du temps mais sans réchaud, nous étions obliger d’attendre l’ouverture des magasins à Seattle pour s’en acheter un nouveau ce qui nous coûtais une journée complète sur les quatre que nous avions…

 

Pont de neige

Les choses empirent…Notre premier vol est retardé en raison de la température et nous manquons donc notre 2ième vol qui partait de Philadelphie à Seattle. Notre journée de réserve en cas de mauvais temps fut donc utile car nous avons passé plus de 24h dans les aéroports avant d’arriver à Seattle. Par contre, nous avons eu la chance de faire le tour des États-Unis : Burlington, Philadelphie, Chicago, Pheonix (dans le désert avec nos bottes d’hiver…) et finalement Seattle! En raison de ce faux départ, le moral de l’équipe était à zéro en plus de la fatigue et des courbatures qui s’accumulaient avant même qu’on ait mis les pieds sur la montagne.

20 mai 2011 : 1800H – Seattle

Finalement, nous parvenons à quitter l’aéroport mais surtout à acheter un réchaud et ce, 15 minutes avant que la magasin de plein air dans le dernier village que nous passions allait fermer!! La chance commence à tourner!

Nous quittons en voiture à 22h30 en direction du camp de base du mont Rainier que nous prévoyons atteindre 8h ou 9h plus tard, donc en début de matinée. Nous avons à peine parcouru 700 mètres de dénivelé sur les 1 500 que représentait l’approche jusqu’au camp de base que notre partenaire de cordée est épuisé et demande qu’on dorme un peu. Nous n’étions à 2 400 mètres d’altitude ce qui faisait en sorte que la neige qui tombait était vraiment mouillé donc l’option d’installer un campement n’était pas très opportune. Somme toute, je ne parviens pas à le convaincre de poursuivre et nous installons un camp intermédiaire entre l’auto et le camp de base. Le manque de temps commence à jouer contre nous…

Camp de base - Copie

 

Notion d’orientation en montagne

Au réveil, nous reprenons notre chemin dans les nuages ou nous naviguons dans ce qu’on appel un Witheout (jour blanc), phénomène par lequel on ne parvient plus à distinguer la neige du nuage. C’est vraiment désorientant. En plus de ça, il commence à faire de plus en plus chaud et le mercure sur le champ de neige où nous sommes monte à 25°C…..Qui l’aurait cru, dans la neige à cette température. À 14h, toute l’équipe a atteint le camp de base qui se trouve à 3 000 mètres et nous sommes au dessus des nuages.

Muir snowfield witheout

La vue est magnifique et nous voyons enfin ce à quoi nous seront confronté pour la tentative de sommet! Malgré la crème solaire fps 60 et nos chandails, le soleil brûle notre peau comme jamais, et même à travers nos vêtements!

L’équipe fait face à un nouveau dilemme, lancer notre tentative pour le sommet dès ce soir, ou attendre 24h pour se reposer, s’hydrater, manger et lancer notre tentative pendant la dernière nuit sur la montage? La décision est difficile car si nous nous reposons et que la météo tourne le lendemain, aucune chance de faire le sommet. Par contre, étant donné notre état d’épuisement, il serait difficile pour nous de dormir 4h et d’attaquer le sommet dès ce soir. Nous optons pour prendre la chance de tenter le sommet le lendemain soir et de prendre 24h de repos. Le sommet doit être fait de nuit car les ponts de neige sont affaiblis et les chutes de roches sont plus probables quand le soleil de midi frappe sur la montagne. Ainsi, le départ du camp de base se fait au alentour de minuit pour être de retour avant l’heure du dîner.

Le mal aigu des montagnes se fait déja sentir quelque peu : l’équipe a peu ou pas d’appétit, difficulté à dormir, la respiration pendant l’effort est un peu plus laborieuse sans représenter encore de gros problème. La journée de repos nous fait tous du bien, nous avons la chance de bien s’hydrater, de bien manger afin d’emmagasiner l’énergie nécessaire pour la tentative de sommet.

22 mai 2011 : 23H00 – Mt Rainier Base Camp

Le réveil sonne et l’équipe s’active tranquillement. Un ciel étoilé se dresse au-dessus de nos têtes ce qui nous rassure énormément quant aux conditions météos. C’est notre dernière nuit sur la montagne donc notre dernière chance d’atteindre les 4 392 mètres du sommet. La météo est avec nous et notre moral est d’applomb! On quitte à minuit le campement et nous traversons notre premier glacier (cowlitz glacier) qui est encore recouvert de neige.

Cordée CowlitzNous passons par un col nommé Cathedral Gap qui nous conduit sur le Ingraham Glacier où nous croisons le fer avec les premières vraies crevasses! En pleine nuit et éclairé par la lampe frontale, c’est trou béant sont plutôt épeurants. Je traverse mon premier pont de neige qui fait un pied de largeur en retenant mon souffle!! 1 minutes plus tard, Alexandre, deuxième homme de la cordée s’enfarge dans ses crampons en traversant le pont de neige et se retrouve une jambe dans le vide! Je crie «CHUTE» pour avertir Alexis d’adopter une position d’auto arrêt pour arrêter la chute d’Alexandre mais finalement celui-ci parvient à s’extirper de la crevasse sans y tomber dedans! Le mercure indique – 20 °C sans facteur vent et les températures se refroidissent plus nous progressons dans le champs de crevasse du Ingraham Icefall. C’est la première fois que je grimpais avec autant de vêtement d’hiver que ça sur le dos, il faisait tellement froid!

 

Descente vue sur base camp

À 5h15, le soleil se lève enfin et nous donne un petit coup de pouce psychologique en éclairant le paysage mais aussi en réchauffant l’air de la montagne. On traverse d’autres énormes crevasse et lorsque j’arrive pour effectuer un petit pas sur un crevasse anodine, mes deux pied défoncent la neige et se retrouvent dans le vide! «CHUTE» encore une fois! Je parviens toutefois à me sortir de mon pétrin sans m’enfoncer davantage dans la crevasse et le reste de la cordée contourne prudemment le trou que j’ai créé. L’effet de l’altitude est incroyable. C’est un combat psychologique tellement le rythme est lent. Un pas et un cycle de respiration complet sans quoi tu t’effondre. J’ai mal à la tête, un peu mal au coeur et je n’ai pas le goût de rien manger bien que je doive fournir un peu de sucre à mon corps. Les derniers cents mètres sont interminables et je me croise les doigts pour qu’Alex et Alex ne me demandent pas de revirer de bord, nous sommes s’y près du sommet mais si loin en même temps. Après 7h d’ascension, nous atteignons la bordure du cratère sommital où nous déposons nos sacs afin de traverser le cratère jusqu’à la bosse qui représente le sommet, située à 45 minutes de marche…C’est interminable et on a tous hâte de descendre un peu pour filer mieux.

23 mai 2001, 7h45, une cordée de trois québécois atteint le sommet de

 

4 392 mètres du Mt Rainier par la voie Ingraham Galcier Direct! Seuls deux cordées ont atteint le sommet le 23 mai!

Descente Little T

On prend quelques photos et on descend très vite de là! La descente est aussi laborieuse et les ponts de neige deviennent de plus en plus délicat et suspect en raison du soleil qui se fait de plus en plus chaud. Le soleil nous rend fou tellement il est chaud mais nous avons déja plein de coup de soleil ce qui nous empêche d’enlever nos manteaux! Finalement, après 11h de durs labeurs, nous revenons à notre camp de base complètement mais complètement épuisés…Le répis est bref car nous devons démonter le campement et redescendre les 1 500 autres mètres jusqu’à la voiture pour se diriger vers l’aéroport. On fait donc une petite sieste d’une heure et on démonte ensuite le camp de base pour entamer une descente qui ne nous enchante vraiment pas…!

Cordées et Little T monté.1

 

À 17h30,

l’aventure est réellement terminée! L’équipe est sortie de la montagne avec un sommet en poche! Bien chanceux que la météo ait été de notre côté, nous faisons maintenant partie des Rainier Summiters! Quelle première expérience en haute montagne!!

Une dernière journée d’avion et nous pouvons enfin prendre une première douche en une semaine et dormir dans un lit bien confortable!

Et voilà fin de l’histoire!!

bonne journée!

Sommet xav et Alex Par:
Xavier Saint-Pierre
qu’on accueille fièrement dans l’équipe
Centre d’escalade et de montagne Attitude Montagne

2 commentaires to “Ascension Mont Rainier 2011”

  1. je prevois faire l’ascension du mont washington avec raquette, crampon d’alpinisme et *ice axe* et je me demandais quel assurance voyage prendre en cas d’accident. J ai appeler CAA et ils disent que des que ce que je fais n ai plus de la randonnée (du grimpage) je ne suis pas assurée donc je ne rois pas que cette assurance soit fiable pour le washington!avez vous des compagnies d assurance a me conseiller?

  2. Bonjour Simon,
    Vous pouvez vérifier chez Travel Underwriters. http://www.travelunderwriters.com/index_fr.shtml

Cours et formations à venir

      • Aucun évènement de prévus

Voyages/expés à venir

    Centre d’escalade

    1510 chemin de l’Avalanche
    Saint-Adolphe-d’Howard, Québec
    J0T 2B0
    info@attitudemontagne.com

    Téléphone : 819 714-0101


    >Mentions Légales